Costus indien (Al Qist Al-Hindi) : remède contre le sihr (sorcellerie), le mauvais œil et les maux occultes

Costus indien (Al Qist Al-Hindi) remède sihr, mauvais œil

Parmi les remèdes de la médecine prophétique utilisés contre les maux occultes, le costus indien occupe une place à part. Le Prophète ﷺ lui a attribué sept guérisons dans un hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim, ce qui en fait l’une des plantes les mieux établies de toute la Sunna. Les raqis l’emploient aujourd’hui contre le sihr, le mauvais œil et les atteintes de djinns, sous forme de boisson coranisée, de fumigation ou d’huile.

Dans cet article, vous allez découvrir ce qu’est exactement al qist al-hindi, les hadiths authentiques qui fondent son usage, la raison pour laquelle les raqis l’utilisent contre la sorcellerie, et surtout comment le préparer correctement selon le mal que vous traitez. Nous verrons aussi les précautions à connaître, car cette racine puissante demande un usage réfléchi.

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Qu’est-ce que le costus indien (Al Qist Al-Hindi) ?

Le costus indien est la racine séchée du Saussurea costus, une plante qui pousse en altitude dans l’Himalaya, au Cachemire, en Inde et au Pakistan. En arabe, on l’appelle al qist al-hindi (القسط الهندي), parfois écrit al qust ou al kist selon les translittérations. On le trouve dans le commerce sous trois formes : en morceaux de racine brune, en poudre fine, ou en huile.

Sa racine dégage une odeur boisée reconnaissable entre mille, à la fois chaude et amère. C’est d’ailleurs l’un des moyens de vérifier sa qualité : un costus indien sans odeur a perdu ses principes actifs ou n’en est pas.

La pharmacologie moderne s’y intéresse pour ses composés actifs, notamment la costunolide et la déhydrocostus lactone, étudiés pour leurs effets anti-inflammatoires et antimicrobiens. Comme pour le sana makki, on retrouve ce double statut : une plante recommandée par le Prophète ﷺ dont la science confirme progressivement les propriétés.

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Costus indien ou costus marin : quelle différence ?

Les textes distinguent deux variétés. Abu Bakr Ibn Al-‘Arabi disait que le qist est de deux types, le hindi (indien), foncé et plus chaud dans sa nature, et le bahri (marin), blanc et plus doux. Ibn Al-Qayyim reprend cette distinction dans « La médecine prophétique » et précise que les deux partagent les mêmes vertus, le costus indien étant simplement plus puissant.

Pour la roqya contre le sihr, les raqis privilégient le costus indien, justement pour cette puissance. Le costus marin, plus doux, convient mieux aux enfants et aux estomacs sensibles.

Les preuves islamiques : le hadith des sept guérisons

Contrairement à beaucoup de remèdes traditionnels, le costus indien repose sur des textes d’une authenticité maximale.

Le hadith d’Umm Qays : sept remèdes dans une racine

Umm Qays bint Mihsan, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète ﷺ a dit :

« Utilisez ce bois indien (al-‘ûd al-hindi), car il contient sept guérisons. On le prise par le nez contre l’inflammation de la gorge (‘udhra) et on l’administre par la bouche contre la pleurésie (dhât al-janb). »

Source : rapporté par Al-Bukhari (n° 5692) et Muslim (n° 2214). Les savants du hadith, dont Ibn Hajar dans Fath Al-Bari, précisent que le « bois indien » désigne ici al qist al-hindi.

Ce hadith est le socle de tout. Le Prophète ﷺ nomme deux usages précis et laisse cinq guérisons non détaillées, ce que les savants ont compris comme une ouverture : la racine porte en elle un potentiel de guérison plus large que les deux cas cités, par la permission d’Allah.

Le hadith d’Anas : le meilleur des remèdes avec la hijama

Anas ibn Malik, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète ﷺ a dit :

« Les meilleurs remèdes dont vous vous soignez sont la hijama et le qist. »

Source : rapporté par Al-Bukhari (n° 5696). Le Prophète ﷺ place le costus au même rang que la hijama, qui est elle-même l’un des piliers du traitement des maux occultes. Ce rapprochement n’a rien d’anodin pour qui s’intéresse à la roqya.

Le hadith sur les enfants

Toujours d’après Anas, le Prophète ﷺ a dit :

« Ne tourmentez pas vos enfants avec le ghamz (compression de la luette pratiquée à l’époque), mais utilisez le qist. »

Source : rapporté par Al-Bukhari. Le Prophète ﷺ remplace ici une pratique douloureuse par un remède doux. On en tire deux choses : le costus convient aux enfants sous forme adaptée, et la médecine prophétique corrige les usages nocifs au lieu de les entériner.

Pourquoi utiliser le costus indien contre la sorcellerie et le mauvais œil ?

Ce que les textes établissent, c’est un remède aux sept guérisons, validé par le Prophète ﷺ, classé parmi les meilleurs traitements. À partir de là, les savants et les raqis ont bâti un raisonnement solide.

D’abord, les maux occultes sont des maladies parmi les maladies. Le Prophète ﷺ a dit : « Allah n’a pas fait descendre de maladie sans faire descendre son remède » (Al-Bukhari, n° 5678). Le sihr et le mauvais œil entrent dans cette parole, et un remède aux guérisons multiples et non limitées, comme le qist, s’y applique légitimement.

Ensuite, l’expérience des praticiens de la roqya, génération après génération, a montré des résultats sur les atteintes occultes, en particulier lorsque le costus est coranisé. Le sihr mangé ou bu réagit à ce qui purge et nettoie le corps ; le costus, chaud et amer, fait partie de ces substances que les djinns et la sorcellerie supportent mal, au même titre que le sana makki, la nigelle ou l’eau de rue.

Enfin, la forme du remède rejoint la forme du mal. Le sihr atteint le ventre ? On boit le costus. L’atteinte touche la tête, le waswas, les blocages ? On l’inhale en sa’out ou en fumigation, exactement comme le hadith prescrit la voie nasale pour la ‘udhra. Le mal est diffus dans le corps ? On applique l’huile coranisée en massage.

Le principe reste toujours le même : le costus est une cause, la lecture du Coran casse le mal, et la guérison vient d’Allah seul.

Comment utiliser le costus indien en roqya : les 4 méthodes

1. La boisson coranisée (contre le sihr mangé ou bu)

C’est l’usage principal contre la sorcellerie ingérée.

  1. Coranisez de l’eau : récitez dessus Al-Fatiha, Ayat Al-Kursi, les versets de la sorcellerie (Al-A’raf 117-122, Yunus 81-82, Ta-Ha 69) et les trois dernières sourates, en approchant la bouche de la surface de l’eau
  2. Mélangez une demi-cuillère à café de poudre de costus indien dans un verre de cette eau
  3. Formulez l’intention de vous soigner par cette cause
  4. Buvez le matin à jeun

Le goût est amer et prononcé. Vous pouvez ajouter une cuillère de miel, lui-même une guérison citée dans le Coran, sans rien enlever à l’efficacité du remède.

Faites une cure de 5 à 7 jours, en accompagnant chaque journée de votre programme de roqya. Certaines personnes atteintes de sihr ressentent des nausées, des renvois ou une agitation intérieure pendant la cure : ces réactions accompagnent souvent l’évacuation du mal et s’estompent au fil des jours.

2. Le sa’out : l’inhalation par le nez (contre les maux de tête occultes et le waswas)

C’est la méthode citée textuellement dans le hadith d’Umm Qays. Mélangez une pincée de poudre de costus dans un peu d’eau coranisée ou d’huile d’olive coranisée, puis instillez quelques gouttes dans chaque narine, tête inclinée en arrière. La sensation de picotement est normale, la racine est chaude par nature.

Les raqis y recourent pour les migraines rebelles d’origine occulte, la pression au niveau du front et des tempes ressentie pendant la lecture du Coran, et les troubles du waswas (chuchotements insistants).

3. La fumigation (bakhour) : assainir la personne et la maison

Déposez quelques morceaux de racine sur un charbon ardent et laissez la fumée se diffuser dans la pièce, ou exposez-vous à cette fumée (vêtements ouverts pour les femmes atteintes au niveau de l’utérus ou du bas du corps, comme le pratiquent certaines raqiyat). Récitez pendant la fumigation.

Cette méthode relève de l’expérience des praticiens plus que d’un texte explicite, il faut le dire honnêtement. Elle s’appuie sur un principe éprouvé : les djinns fuient certaines odeurs fortes, et le costus en fumigation aggrave leur situation dans un corps habité, ce qui se manifeste parfois par une agitation du patient pendant la séance. C’est un signe qui oriente le diagnostic du raqi.

4. L’huile de costus indien (en application externe)

Coranisez l’huile en récitant dessus les mêmes versets que pour l’eau, puis massez les zones douloureuses : nuque, colonne, articulations, ventre. L’huile convient au traitement de fond, en complément des bains coranisés, notamment pour le mauvais œil qui se manifeste par des douleurs mobiles et une fatigue écrasante.

Quelle méthode pour quel mal ?

  • Sihr mangé ou bu : boisson coranisée en cure, éventuellement combinée au sana makki (le costus affaiblit le mal, le séné l’évacue)
  • Mauvais œil (‘ayn) et hasad : huile en massage, boisson légère, et surtout la roqya du mauvais œil avec le ghusl si le jaloux est identifié
  • Atteinte de djinn, waswas : sa’out, fumigation, boisson, toujours adossés à une roqya complète
  • Maux de tête et oppression pendant la lecture : sa’out en priorité, conformément au hadith

Aucune de ces méthodes ne remplace la roqya par le Coran. Le costus prépare le terrain, affaiblit le mal et soulage le corps ; la parole d’Allah casse le sihr.

Posologie et durée

Pour la boisson : une demi-cuillère à café de poudre par jour, jamais plus d’une cuillère à café. Cure de 5 à 7 jours, renouvelable après une pause d’une semaine. Pour le sa’out : quelques gouttes, une à deux fois par jour maximum. Pour la fumigation : une à deux séances par semaine suffisent.

Le costus est une racine chaude et active : en augmenter la dose n’accélère pas la guérison, cela irrite l’estomac et fatigue le foie.

Précautions avant d’utiliser le costus indien

  • Grossesse et allaitement : abstenez-vous, la racine stimule l’utérus
  • Traitements médicamenteux : demandez l’avis de votre médecin ou pharmacien, notamment en cas de traitement anticoagulant, hépatique ou hormonal
  • Enfants : uniquement à doses infimes et de préférence en usage externe ou en sa’out très dilué, conformément à l’esprit du hadith sur la douceur envers les enfants
  • Qualité du produit : achetez auprès d’un vendeur qui précise l’espèce (Saussurea costus) et l’origine (Inde, Cachemire). Des racines de substitution circulent sur le marché, dont certaines espèces proches potentiellement toxiques pour les reins et le foie. L’odeur caractéristique et la provenance tracée sont vos deux garanties
  • Symptômes persistants : des maux de tête ou des troubles digestifs chroniques justifient un avis médical, que l’origine occulte se confirme ou non.

Conclusion

Al qist al-hindi cumule ce qu’on peut espérer de mieux d’un remède prophétique : des hadiths au plus haut degré d’authenticité (Al-Bukhari et Muslim), la mention de sept guérisons dont l’étendue dépasse les deux usages cités, un classement par le Prophète ﷺ parmi les meilleurs remèdes aux côtés de la hijama, et des siècles d’expérience des raqis contre le sihr, le mauvais œil et les atteintes de djinns.

Utilisez-le coranisé, à dose modérée, selon la méthode qui correspond à votre mal, et ancrez toujours votre traitement dans la roqya et l’invocation. Les causes viennent des créatures, la guérison vient du Créateur.

Questions fréquentes sur le costus indien (Al Qist Al-Hindi) et la roqya

Le costus indien est-il cité dans le Coran ?

Non, il n’apparaît pas dans le Coran mais dans la Sunna, à travers des hadiths rapportés par Al-Bukhari et Muslim, le plus haut degré d’authenticité. C’est davantage que la plupart des remèdes de la médecine prophétique.

Quelles sont les sept guérisons du costus indien ?

Le Prophète ﷺ en a nommé deux : la ‘udhra (inflammation de la gorge et des amygdales) par voie nasale, et la pleurésie par voie orale. Il n’a pas détaillé les cinq autres. Les savants y ont vu l’indication d’un remède au champ d’action étendu, sans qu’il soit permis d’affirmer une liste précise que le texte ne donne pas.

Comment utiliser le costus indien contre le sihr (sorcellerie) ?

Contre le sihr mangé ou bu, mélangez une demi-cuillère à café de poudre de costus indien dans un verre d’eau coranisée et buvez le matin à jeun, en cure de 5 à 7 jours. Accompagnez chaque journée d’une roqya complète : le costus affaiblit le mal, la lecture du Coran le casse, et la guérison vient d’Allah seul.

Peut-on associer costus indien et sana makki ?

Oui, et c’est même une association classique contre le sihr mangé ou bu : le costus en boisson quotidienne pour affaiblir le mal, puis une cure courte de sana makki pour l’évacuer. Espacez les deux prises dans la journée pour ménager votre système digestif.

Quelle est la différence entre costus indien et costus marin ?

Le costus indien (qist hindi) est foncé et plus chaud dans sa nature ; le costus marin (qist bahri) est blanc et plus doux. Les deux partagent les mêmes vertus selon Ibn Al-Qayyim, le costus indien étant simplement plus puissant. Pour la roqya contre le sihr, les raqis privilégient l’indien ; le marin convient mieux aux enfants et aux estomacs sensibles.

Combien de temps avant de ressentir un effet ?

Cela varie selon l’ancienneté du mal et la régularité de votre roqya. Comptez au minimum une cure complète avant de juger. Une aggravation passagère des symptômes durant les premiers jours (nausées, agitation, rêves intenses) est fréquente chez les personnes réellement atteintes : le mal réagit avant de céder.

Le costus indien fonctionne-t-il seul, sans roqya ?

Pris seul, il reste une racine aux propriétés médicinales réelles. Mais contre un mal occulte, il n’a de sens qu’adossé au Coran : c’est la combinaison du remède prophétique et de la parole d’Allah qui constitue le traitement, et la guérison appartient à Allah seul.

Qui ne doit pas prendre de costus indien ?

Le costus indien est déconseillé pendant la grossesse et l’allaitement, car la racine stimule l’utérus. Chez les enfants, réservez-le à des doses infimes, de préférence en usage externe ou en sa’out très dilué. Si vous suivez un traitement médical (anticoagulant, hépatique, hormonal), demandez l’avis de votre médecin ou pharmacien avant toute cure.

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