Comment savoir qui me fait du sihr ( Sorcellerie en islam ) ?

La question de savoir qui vous fait du sihr est l’une des plus douloureuses que puisse traverser un musulman touché par la sorcellerie. Elle mêle souffrance spirituelle, soupçons envers des proches, et une quête de justice compréhensible. Pourtant, l’islam apporte une réponse nuancée — à la fois honnête sur les difficultés et sage dans les conseils donnés.

Dans cet article, nous allons répondre à cette question avec les outils du Coran et de la Sounna : est-ce réellement possible de savoir qui nous ensorcelle, que dit l’islam à ce sujet, et comment avancer vers la guérison ?

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Quels sont les signes de la sorcellerie et comment la détecter ?

Avant même de chercher qui vous fait du sihr, il faut s’assurer qu’il s’agit bien de sihr. La reconnaissance des symptômes est le premier pas. Les savants islamiques et les praticiens de la roqya charia ont identifié plusieurs signes qui, combinés, peuvent indiquer une affliction par la sorcellerie :

  • Douleurs physiques inexpliquées persistantes sans cause médicale identifiée (dos, tête, articulations)
  • Changements comportementaux soudains : agressivité inexpliquée, tristesse profonde, isolement
  • Aversion pour la religion : difficulté à prier, à lire le Coran, dégoût des lieux de culte
  • Troubles du sommeil : cauchemars récurrents, insomnies, paralysies nocturnes
  • Blocages persistants dans la vie (travail, mariage, finances) malgré des efforts sincères
  • Haine ou amour excessif envers une personne en particulier, soudain et irrationnel
  • Réactions pendant la roqya : agitation, pleurs, vomissements, douleurs lors de la récitation des versets
  • Rêves troublants de serpents, de personnes décédées menaçantes, ou de lieux sombres

Le Prophète ﷺ a enseigné : « Le sihr existe réellement. » (Boukhari et Mouslim). La sourate Al-Fatiha, l’Ayat al-Kursi (Al-Baqarah 2:255) et les Mu’awwidhatayn (Al-Falaq et An-Nas) sont les références coraniques les plus citées pour détecter et se protéger du sihr. Cependant, ces signes seuls ne suffisent pas à un diagnostic — seul un raqui qualifié peut confirmer une affliction.

Peut-on vraiment savoir qui me fait du sihr ?

C’est la question que tout le monde pose, et la réponse honnête est : dans la très grande majorité des cas, non.

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La sorcellerie est par nature secrète. Celui qui la pratique met tout en œuvre pour rester invisible. Les méthodes prétendant identifier formellement un sorcier — consultation de voyants, utilisation de pendules, interrogatoire des djinns — sont soit interdites islamiquement, soit non fiables, soit les deux.

Méthode Permise islamiquement ? Fiable ? Risque
Consulter un voyant / sorcier ❌ Haram (kabira) Non Péché grave, renforce l’influence du sihr
Interroger un djinn via raqui ⚠️ Controverse Non fiable Le djinn peut mentir et accuser un innocent
Trouver un objet de sihr ✅ Permis si fortuit Partiel Ne prouve pas qui l’a commandité
Aveu de l’auteur Oui Extrêmement rare
Roqya et guérison Oui Aucun — c’est la bonne approche

Ce que l’islam dit sur l’identification de l’auteur du sihr

La position des savants islamiques est claire : chercher à identifier l’auteur du sihr n’est pas recommandé, pour plusieurs raisons :

  • Risque d’accusation injuste : les soupçons mènent souvent à des accusations fausses, brisant des familles. Ce péché est lourd devant Allah.
  • Inutilité thérapeutique : connaître l’auteur ne guérit pas du sihr. La guérison passe par la roqya charia, pas par la confrontation.
  • Risque de paranoia : ceux qui cherchent obsessionnellement le coupable finissent à suspecter tous leurs proches, aggravant leur état.
  • Péché potentiel : recourir à des voyants pour identifier le responsable est un péché grave (kabira) qui annule les bénéfices de la roqya.

Ibn al-Qayyim (qu’Allah lui fasse miséricorde) rappelle que la priorité absolue est la guérison, non la vengeance. Le croyant qui place sa confiance en Allah et pratique la roqya sincèrement n’a pas besoin de connaître le nom du sorcier pour être libéré.

Que faire si l’on découvre l’auteur du sihr ?

Si, par un moyen licite (un aveu, un témoignage fiable, ou la découverte d’un objet de sihr avec des éléments probants), vous venez à connaître l’identité du responsable, voici la conduite islamique :

  • Lui demander de détruire son sihr : c’est la priorité. Le sorcier peut défaire ce qu’il a fait. Cette démarche peut s’avérer très efficace.
  • L’inviter à se repentir : la sorcellerie est un péché grave. Lui rappeler la gravité de son acte et l’inviter à revenir vers Allah.
  • Ne pas se venger soi-même : toute vengeance hors du cadre légal islamique est interdite.
  • Continuer la roqya : même si le sorcier promet de défaire le sihr, continuez la roqya jusqu’à guérison complète.
  • Se protéger pour l’avenir : renforcer ses adhkar quotidiens pour éviter une récidive.

Comment se libérer du sihr selon l’islam ?

La bonne nouvelle : connaître l’identité du sorcier n’est pas nécessaire à la guérison. L’islam a prévu des remèdes efficaces accessibles à tous :

  • La roqya charia : récitation des versets coraniques prescrits (Al-Fatiha, Ayat al-Kursi, les trois dernières sourates) sur soi ou via un raqui de confiance
  • Le nigelle (habba sawda) : le Prophète ﷺ a dit : « Dans la nigelle, il y a une guérison pour tout mal sauf la mort » (Boukhari)
  • Les adhkar du matin et du soir : bouclier spirituel quotidien contre toutes les formes de sihr
  • La destruction de l’objet de sihr : si on retrouve un objet (nœuds, photos…), le brûler ou le noyer en récitant les versets coraniques
  • Le jeûne et la prière de nuit : renforcement spirituel qui affaiblit l’emprise du sihr

Le mauvais œil et le sihr nécessitent parfois une prise en charge similaire. Si vous n’êtes pas certain du type d’affliction, consultez un raqui compétent pour un diagnostic précis.

Comment interagir avec les proches soupçonnés de sihr ?

Face à la douleur et à la confusion que génère le soupçon qu’un proche vous a affligé par le sihr, la réponse la plus noble et la plus conforme à notre foi est le pardon et la patience. Le Prophète Mohammed ﷺ nous enseigne à répondre au mal par le bien, à rechercher la réconciliation.

  • Ne jamais accuser sans preuve solide : le soupçon seul est insuffisant. Une fausse accusation est un péché grave.
  • Réduire l’exposition si le danger semble réel, sans couper brutalement les liens familiaux.
  • Ne pas partager vos soupçons avec d’autres membres de la famille — cela amplifierait le conflit.
  • Prier pour la personne soupçonnée : si elle a failli, votre du’a pour elle est un acte noble.
  • Consulter un savant si la situation est grave, avant toute décision importante.

L’adoption de protections régulières — adhkar du matin et du soir, récitation d’Ayat al-Kursi avant de dormir — renforce votre bouclier spirituel indépendamment de l’identité du responsable.

FAQ — Questions fréquentes sur le sihr et son auteur

Comment savoir si c’est un proche qui me fait du sihr ?
Il est impossible de le savoir avec certitude par des moyens licites. Les soupçons contre des proches sont fréquents car la sorcellerie est souvent commanditée par jalousie. Mais sans preuve solide, accuser un proche est un péché grave. Concentrez-vous sur votre guérison.

Un raqui peut-il me dire qui m’a ensorcelé ?
Certains raqis prétendent interroger les djinns pour identifier le coupable. Cette méthode est fortement contestée par les savants car les djinns mentent fréquemment. Un raqui sérieux se concentre sur votre guérison, pas sur la chasse au sorcier.

Est-ce haram de consulter un voyant pour découvrir l’auteur ?
Oui. Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui consulte un devin et le croit, a mécru en ce qui a été révélé à Muhammad. » (Abu Dawud). Ce péché annulerait de plus l’effet de votre roqya.

Que faire si je trouve un objet de sihr chez moi ?
Récitez l’Ayat al-Kursi et les Mu’awwidhatayn sur l’objet, puis brûlez-le ou jetez-le dans une eau courante sans le toucher à mains nues. Consultez ensuite un raqui pour renforcer votre protection.

Le sihr peut-il être défait sans trouver l’objet ?
Oui. La roqya charia peut défaire le sihr même sans localiser l’objet. Allah est Al-Shafi (le Guérisseur) et Sa parole est plus puissante que tout sihr.

Conclusion

La question « qui me fait du sihr ? » est compréhensible mais, selon l’islam, elle ne doit pas devenir une obsession. L’énergie dépensée à chercher le coupable est de l’énergie volée à votre guérison.

La voie islamique est claire : diagnostiquer l’affliction, comprendre ce qu’est le sihr, pratiquer la roqya charia avec sincérité, renforcer ses protections spirituelles quotidiennes, et placer sa confiance en Allah. Si l’auteur se révèle, vous saurez comment agir. Sinon, Allah seul connaît le caché — et Il est votre protecteur.

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