
Vous soupçonnez une sorcellerie mangée ou bue ? Le sana makki, la feuille de séné en français, fait partie des remèdes cités dans la médecine prophétique et utilisés par les raqis pour évacuer le sihr logé dans l’estomac ou les intestins. Ce n’est ni un grigri ni une recette de guérisseur : son usage repose sur des hadiths authentiques que nous allons détailler.
Dans cet article, vous allez découvrir ce que dit l’islam sur le sana makki, pourquoi cette plante est utilisée en roqya contre la sorcellerie ingérée, et le protocole exact pour la préparer avec de l’eau coranisée.

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Qu’est-ce que le sana makki (feuille de séné) ?
Le sana makki (سنا مكي, littéralement « séné de La Mecque ») désigne les feuilles séchées du séné, une plante de la famille des légumineuses qui pousse dans la péninsule arabique, en Égypte, au Soudan et en Inde. On l’appelle « séné de La Mecque » car la région du Hijaz en était historiquement un grand centre de production et de commerce.
Ses feuilles contiennent des sennosides, des composés qui stimulent les contractions de l’intestin. C’est pour cette raison que le séné est reconnu comme laxatif, y compris par la médecine moderne : on le retrouve dans des médicaments vendus en pharmacie contre la constipation occasionnelle.
Ce double statut fait la particularité du sana makki. C’est à la fois une plante recommandée par le Prophète ﷺ et un remède dont l’effet purgatif est validé scientifiquement.

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Les preuves islamiques : ce que le Prophète ﷺ a dit sur le séné
L’usage du sana makki en roqya ne sort pas de nulle part. Deux hadiths principaux établissent son mérite.
Le hadith du séné et du sanoute
D’après Ibrahim ibn Abi ‘Abla, ‘Abdallah ibn Umm Haram rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit :
« Je vous recommande le séné (as-sanâ) et le sanoute, car ils contiennent une guérison contre toute maladie, sauf le sâm. » On demanda : « Ô Messager d’Allah, qu’est-ce que le sâm ? » Il répondit : « La mort. »
Source : rapporté par Ibn Majah (n° 3457), authentifié par Cheikh Al-Albani (Silsila As-Sahiha n° 1798).
Les savants ont divergé sur le sens de « sanoute » : le miel, l’aneth, le fenouil ou le cumin selon les avis. Ce qui nous intéresse ici est sans ambiguïté : le séné est nommé en premier, et le Prophète ﷺ lui attribue une guérison d’une portée immense, par la permission d’Allah.
Le hadith d’Asma bint ‘Umays
Asma bint ‘Umays, qu’Allah l’agrée, rapporte que le Prophète ﷺ lui demanda avec quoi elle se purgeait. Elle répondit : « Avec le shubrum (une plante purgative violente). » Il dit : « Chaud, brûlant ! » Elle utilisa ensuite le séné, et le Prophète ﷺ dit :
« S’il y avait dans quelque chose un remède contre la mort, ce serait dans le séné. »
Source : rapporté par At-Tirmidhi (n° 2081) et Ibn Majah (n° 3461).
Ce hadith apporte deux enseignements. D’abord, le Prophète ﷺ a désapprouvé une purge trop agressive et orienté vers le séné, plus doux. Ensuite, il a confirmé le séné comme purgatif de référence chez les compagnons.
L’avis d’Ibn Al-Qayyim
Dans « La médecine prophétique » (At-Tibb An-Nabawi, extrait de Zad Al-Ma’ad), l’imam Ibn Al-Qayyim consacre un passage au séné. Il rapporte les hadiths ci-dessus et décrit le séné comme un remède noble qui purge la bile et évacue les humeurs corrompues du corps, avec peu de danger comparé aux autres purgatifs de son époque.
Le séné fait donc sortir du corps ce qui le corrompt. C’est exactement ce principe que les raqis appliquent à la sorcellerie ingérée.
Mais attention, vous croiserez sur certains sites la formule « Prenez le séné, ne serait-ce qu’une fois par an », présentée comme un hadith. Cette parole circule sans chaîne de transmission établie dans les recueils de référence. Les deux hadiths cités plus haut suffisent largement à fonder la pratique.
Pourquoi utiliser le sana makki contre la sorcellerie ?
Voici le raisonnement, car comprendre le « pourquoi » vous aidera à pratiquer correctement.
La sorcellerie peut atteindre une personne de plusieurs façons : nouée et enterrée, soufflée, ou bien mangée et bue. Dans ce dernier cas, le sorcier fait ingérer à la victime une préparation sur laquelle des formules de sihr ont été prononcées, souvent dissimulée dans un plat ou une boisson. Cette sorcellerie reste alors physiquement présente dans le système digestif ou laisse des traces dans le corps.
Le Prophète ﷺ lui-même a été touché par la sorcellerie, comme le rapportent Al-Bukhari et Muslim dans le récit de Labid ibn Al-A’sam, et Allah l’en a guéri. Les savants en ont tiré que le sihr est une réalité et qu’il se soigne par des causes légiférées : la lecture du Coran, les invocations, et les remèdes de la médecine prophétique.
Pour une sorcellerie logée dans le ventre, le traitement suit une logique d’évacuation : ce qui est entré par la bouche doit sortir du corps. Le sana makki, purgatif recommandé par le Prophète ﷺ, devient alors l’outil idéal, associé à la lecture coranique qui casse le sihr par la permission d’Allah. Le raqi ne compte pas sur la plante seule : c’est la combinaison de l’eau coranisée et de l’effet purgatif du séné qui constitue le remède complet.
Les signes d’une sorcellerie mangée ou bue
Ces symptômes ne prouvent rien à eux seuls, beaucoup ont des causes purement médicales qu’il faut d’abord faire vérifier par un médecin. Mais lorsqu’ils s’accumulent, résistent aux examens médicaux et s’aggravent à l’écoute du Coran, ils orientent vers une sorcellerie ingérée :
- Sensation de boule ou de nœud dans l’estomac, surtout lors de la lecture du Coran
- Nausées et vomissements sans cause médicale identifiée
- Brûlures d’estomac persistantes, gaz, ballonnements
- Douleurs abdominales qui se déplacent
- Dégoût soudain de la nourriture ou au contraire faim insatiable
- Aggravation des symptômes pendant la roqya
Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces signes, la cure de sana makki coranisé fait partie des traitements à envisager, après avoir écarté les causes médicales.
Comment préparer le sana makki pour la roqya ?
Ce qu’il vous faut :
- 1 à 2 cuillères à café de feuilles de séné entières (environ 3 à 5 g)
- Une tasse d’eau coranisée
- Du miel pour adoucir le goût (facultatif, mais le miel est lui-même cité dans le hadith et dans le Coran comme guérison)
Choisissez des feuilles entières de qualité, pas de la poudre : la poudre libère davantage de principes actifs et rend l’effet plus brutal.
Étape 1 : coranisez votre eau
Prenez de l’eau et récitez dessus, bouche proche de la surface :
- Sourate Al-Fatiha
- Ayat Al-Kursi (Al-Baqara, verset 255)
- Les versets de la sorcellerie : Al-A’raf 117-122, Yunus 81-82, Ta-Ha 69
- Les trois dernières sourates : Al-Ikhlas, Al-Falaq, An-Nas
Vous pouvez répéter chaque passage 3 ou 7 fois. Faites chauffer cette eau sans la porter à ébullition : une eau bouillante dégrade à la fois les principes actifs de la plante.
Étape 2 : préparez l’infusion
- Formulez l’intention (niyya) de vous soigner par cette cause, en plaçant votre confiance en Allah et non dans la plante
- Fragmentez les feuilles en petits morceaux, sans les réduire en poudre
- Versez l’eau coranisée chaude sur les feuilles
- Laissez infuser 10 à 15 minutes
- Filtrez et buvez
Étape 3 : accompagnez la cure de roqya
Pendant les jours de cure, maintenez votre programme de roqya : lecture quotidienne des versets de protection, adhkar du matin et du soir, écoute de roqya contre la sorcellerie. Le séné évacue ; le Coran casse le sihr. L’un ne remplace pas l’autre.
Quand la boire et combien de temps ?
Le meilleur moment pour boire est le soir avant le coucher, ou le matin à jeun une demi-heure avant le petit-déjeuner. L’effet laxatif survient généralement 6 à 12 heures après la prise. Prévoyez donc un jour où vous restez chez vous : évitez de commencer la cure un jour de travail ou de déplacement.
Prenez une tasse par jour, pendant 3 à 4 jours maximum. Ne prolongez jamais au-delà d’une semaine. Un usage prolongé du séné crée une dépendance de l’intestin et des pertes de potassium dangereuses.
Entre deux cures laissez passer au moins deux semaines avant de recommencer.
Ce que vous pouvez ressentir : selles molles puis diarrhée, parfois des crampes abdominales. Certaines personnes atteintes de sorcellerie ingérée rapportent des douleurs plus marquées, des vomissements ou une fatigue intense pendant l’évacuation. Ces réactions s’atténuent au fil des prises. Si les douleurs deviennent violentes ou que du sang apparaît dans les selles, arrêtez et consultez un médecin.
Qui ne doit pas prendre de sana makki ?
Le séné est un vrai laxatif stimulant, pas une tisane anodine. Ne l’utilisez pas dans les cas suivants :
- Grossesse et allaitement : contre-indication stricte
- Enfants de moins de 12 ans
- Maladies intestinales : maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, occlusion, appendicite, douleurs abdominales inexpliquées
- Traitements médicamenteux : le séné interagit avec les diurétiques, les traitements cardiaques (risque lié à la perte de potassium) et d’autres médicaments. Demandez l’avis de votre médecin ou pharmacien si vous suivez un traitement
- Constipation chronique : le séné traite une situation ponctuelle, pas un trouble de fond
Ces précautions ne contredisent en rien la Sunna. Le Prophète ﷺ a lui-même détourné Asma bint ‘Umays d’un purgatif trop violent pour elle : adapter le remède à la personne fait partie de la médecine prophétique.
Ne faites pas cette erreur avec le sana makki en roqya
- Compter sur la plante seule. Sans lecture du Coran, vous faites une simple purge intestinale. La guérison vient d’Allah, le séné et le Coran sont des causes.
- Surdoser pour « accélérer » la guérison. Une dose plus forte ne casse pas la sorcellerie plus vite, elle vous envoie aux urgences.
- Utiliser de l’eau bouillante. Elle rend l’infusion trop agressive pour l’intestin.
- Prolonger la cure des semaines durant. L’évacuation d’une sorcellerie ingérée se fait sur quelques prises, complétées par la roqya. Si rien ne change après deux ou trois cures espacées, la sorcellerie est peut-être d’une autre nature (nouée, soufflée) et demande un autre traitement.
- Négliger le diagnostic médical. Des symptômes digestifs ont le plus souvent une cause médicale. Consultez un médecin en parallèle, l’un n’empêche pas l’autre.
Conclusion
Le sana makki est l’un des rares remèdes contre la sorcellerie à cumuler trois légitimités : une recommandation explicite du Prophète ﷺ dans des hadiths authentiques, l’aval des savants de la médecine prophétique comme Ibn Al-Qayyim, et un effet purgatif reconnu par la pharmacologie moderne. Utilisé avec de l’eau coranisée, sur une cure courte de 3 à 4 jours, il aide à évacuer la sorcellerie mangée ou bue, par la permission d’Allah.
Gardez à l’esprit que la plante est une cause, la guérison appartient à Allah seul. Accompagnez chaque cure de lecture du Coran, d’invocations et de patience.
Qu’Allah vous guérisse de tout mal occulte et apparent.
Questions fréquentes sur l’utilisation du sana makki dans la roqya
Le sana makki peut-il casser toute forme de sorcellerie ?
Non. Son domaine, c’est la sorcellerie mangée ou bue, celle qui transite par le système digestif. Une sorcellerie nouée, enterrée ou soufflée se traite par la roqya, la recherche et la destruction du sihr, les bains coranisés et d’autres moyens légiférés.
Comment préparer le sana makki pour la roqya ?
Formulez l’intention de vous soigner, fragmentez 1 à 2 cuillères à café de feuilles de séné entières sans les réduire en poudre, versez dessus de l’eau coranisée chaude mais non bouillante, laissez infuser 10 à 15 minutes, filtrez et buvez. Accompagnez la cure d’une lecture régulière du Coran : le séné évacue, le Coran casse le sihr par la permission d’Allah.
Peut-on ajouter du miel ou d’autres plantes au sana makki ?
Oui. Le miel adoucit l’amertume du séné et il est lui-même une guérison citée dans le Coran (An-Nahl, verset 69). Certains raqis y associent du gingembre ou de l’anis pour limiter les crampes.
Combien de temps dure une cure de sana makki ?
Une tasse par jour pendant 3 à 4 jours maximum, le soir avant le coucher ou le matin à jeun. Ne dépassez jamais une semaine : un usage prolongé du séné crée une dépendance de l’intestin et des pertes de potassium dangereuses. Laissez au moins deux semaines entre deux cures.
Combien de cures faut-il pour évacuer une sorcellerie ?
Cela dépend de l’ancienneté et de la quantité de sihr ingéré. Certaines personnes ressentent un soulagement dès la première cure, d’autres ont besoin de plusieurs cures espacées de deux semaines, toujours accompagnées de roqya régulière.
La diarrhée est-elle un signe que la sorcellerie sort ?
La diarrhée est l’effet normal du séné, sorcellerie ou pas. Les signes plus parlants sont l’évacuation de glaires inhabituelles, des douleurs qui s’intensifient puis disparaissent, et surtout l’amélioration durable des symptômes qui faisaient suspecter le sihr.
Qui ne doit pas prendre de sana makki ?
Le séné est contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement, chez les enfants de moins de 12 ans, en cas de maladie intestinale (Crohn, rectocolite, occlusion) et en cas de constipation chronique. Il interagit avec les diurétiques et certains traitements cardiaques : demandez l’avis de votre médecin ou pharmacien si vous suivez un traitement.
Où acheter du sana makki de qualité ?
En herboristerie, dans les boutiques de produits orientaux ou en ligne. Vérifiez qu’il s’agit bien de feuilles de séné entières (Cassia angustifolia ou Cassia senna), leur provenance, et privilégiez un vendeur qui indique clairement l’origine.
